Ulysse (1) : l'auteur italien continue sur sa lancée avec un autre grand héros antique.

Publié le 09/08/2022

Cosimo Ferri est l'un des fers de lance de la maison d'édition érotique Tabou. Après cinq tomes de son enquêtrice charnelle "Mara", il déploie tout son talent d'auteur en couleurs directes pour retracer une double vision épique et érotique du siège de Troie et plus particulièrement du destin d'Achille. Suite à cette trilogie plus que réussie, l'auteur italien continue sur sa lancée avec un autre grand héros antique : Ulysse.
Après Achille, Cosimo Ferri revisite le mythe d'Ulysse
La couverture de la version "soft" de Graph Zeppelin

Certaines histoires sont universelles, et pourtant, on ne se lasse pas de les relire, pour en apprendre de nouveaux éléments, en découvrir de nouvelles interprétations. Après avoir revisité certains des chants épiques de L’Illiade dans sa trilogie Achille, il semblait presque logique que l’auteur italien enchaîne avec la seconde grande saga d’Homère : L’Odyssée d’Ulysse.

On ne parle pas ici des compagnons du roi d’Ithaque, car Cosimo Ferri débute son récit alors qu’Ulysse est seul et incapable de s’échapper de l’île de la sulfureuse Calypso. Tombée éperdument amou­reuse de lui, la nymphe réussit à le retenir pendant plusieurs années, lui offrant même l’immor­talité s’il consent à rester auprès d’elle.

Mais les dieux ne l’entendent pas de cette oreille. Zeus influencé par la déesse Athéna, envoie Hermès imposer à la nymphe de relâcher Ulysse. Elle obéit contre son gré et, le cœur brisé, elle laisse le héros reprendre la mer pour un long et mouvementé voyage de retour.

Le roi d’Ithaque ferait pourtant bien de se hâter, car dans son palais, les prétendants tournent autour de Pénélope comme des vautours autour d’une proie facile. N’acceptant cette situation, Télémaque décide de partir à la recherche de son père...



De ses quatre pages consécutives extraites de la version érotique, les deux pages intermédiaires ont été retirées pour composer la publication épique de Graph Zeppelin.

On ne change pas une recette qui a fait ses preuves : Cosimo Ferri maintient les codes de sa première fresque antique Achille, à savoir une version épique et/ou érotique en fonction des goûts du lecteur. Ainsi la version plus soft de Graph Zeppelin passe à 48 planches, car l’éditeur retire les doubles pages explicites de la version de Tabou, dont l’album compte 64 planches en tout. Les lecteurs fans du travail de Cosimo Ferri pourront d’ailleurs jouer au jeu des 7 différences en comparant les pages communes, afin de distinguer comment l’auteur camoufle parfois pudiquement une paire de seins par une végétation bienvenue, ou modifie un dialogue pour maintenir une parfaite cohérence sans choquer le lecteur qui choisira la version plus chaste.

Même si c’est moins critique que dans Achille, Ferri maintient également les codes narratifs qui avaient accru la lisibilité dans sa précédente trilogie. Quelques noms sont ainsi calligraphiés à côté des nouveaux personnages, afin d’éviter de fastidieuses présentations qui casseraient le rythme du récit. Notons tout de même que cette astuce est moins utilisée que dans Achille, sans doute car il y a un peu moins de personnages que dans L’Illiade. Enfin, la présence des dieux est à nouveau soulignée par leur spécifique police de caractères pour qu’on les différencie des humains.

Ces petites astuces narratives permettent de goûter pleinement au récit. Dans la première partie, ce sont surtout les turpitudes vécues par Pénélope et Télémaque qui accaparent l’attention du lecteur. Puis lorsqu’Ulysse quitte Calypso, l’intérêt pour le héros antique augmente, surtout lorsque l’on comprend que la vengeance des dieux est moins la conséquence de l’aveuglement du cyclope que du meurtre du fils d’Hector lancé du haut des murailles de Troie, afin que ce conflit ne puisse jamais reprendre. Parmi les multiples chemins de traverse de la Guerre de Troie, cette orientation certes moins mythologique, donne pourtant plus d’épaisseur au personnage d’Ulysse, qui s’humanise, fort de ses doutes, de ses pulsions ressenties pour tromper Pénélope, et parfois son envie de ne plus rejoindre Ithaque.

Autre intérêt, l’auteur présente la déesse Athéna sous les traits d’un messager. Les autres personnages le voient donc sous une forme masculine, tandis que le lecteur la voit évoluer en femme et déesse. Un double jeu loin d’être lubrique (en tout cas, pour l’instant), mais qui donne un bel atour au récit. Le tout étant renforcé par les chants grecs qui apportent toujours cet aspect théâtral à l’ensemble.

Les fans der récits antiques apprécieront quelques très beaux tableaux réalisés par l’auteur, certes quelque peu idéalisés par notre esprit romantique, mais qui profitent positivement du souffle épique dispensé par la passion communicative de Cosimo Ferri. À apprécier dans l’une ou l’autre version, selon votre plaisir !

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