Les Maîtresses : comme les rêves d’un fantasme BDSMsismique

Publié le 28/06/2021

Pour continuer l’exploration du monde contemporain du BDSM après le vertigineux récit de Chloé Saffy dans son roman À fleur de chair (La Musardine, 2021), ce roman graphique est encore un tout autre type d’initiation proposée par Xavier Duret qui a d’ores et déjà signé et dessiné un très grand nombre de nombre de BD autour de la sexualité. Ici, point de récit autre que la mise en scène d’une sexualité explicite avec des maîtresses débridées pour inventer les meilleures manières de soumettre les sujets-objets de leurs désirs. Les trois séquences de récit ici suivent une évolution qui part tout d’abord de la sphère intime de deux amantes, faisant inclure une tierce invitée, en passant pas un deuxième épisode se situant dans un donjon partagé par son propriétaire dominant avec une maîtresse qui a droit à son propre étage, pour terminer sur la présentation rapide mais concentrée de corps aussi multiples que leurs positions dans un club public prévu pour les amateurs de BDSM.

Xavier Duvet concentre ici plusieurs techniques, outillages et quelques scénarios propres au BDSM de manière explicite avec le souci de la représentation la plus réaliste des corps afin de tenir compte de la vraisemblance des positions, mais ne s’attache nullement à des récits proprement dits, les seules séquences évoquées se suffisant à elles-mêmes. Ainsi, pas de progression dans l’intrigue ni même de jouissance qui est systématiquement exclue de la mise en images. Quant aux corps choisis ils n’ont rien d’hétérogènes puisque les corps féminins sont systématiquement imberbes et fins en porte-jarretelles et talons aiguilles, les corps de la diversité étant ainsi totalement exclus.

L’univers des séquences visitées se situent clairement dans un fantasme qui fait fi de la dimension sociale contemporaine tout en incluant cependant le plaisir subversif explicite du BDSM auxquels se soumettent les acteurs féminins du pouvoir, qu’il s’agisse de la Poste ou de la banque comme deux agents de la transmission. Le regard assumé dans ces fantasmes est ainsi éminemment masculin puisque ce sont des femmes dans leur professions qui sont soumises alors que le seul homme soumis, modèle de la soumission, n’a pas d’existence socioprofessionnelle identifiée. Une succession d’images en noir & blanc comme les rêves d’un fantasme BDSMsismique.

LIRE LA CHRONIQUE EN LIGNE !

Produits en rapport avec cet article

COMMENTAIRES

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Attention !

18 ans

Ce site contient des images réservées aux adultes.
Vous devez avoir au moins 18 ans pour entrer sur le site.