Désirs et Désordres : très bien écrit, osé, cru, très explicite mais jamais vulgaire.

Publié le 15/06/2021

Vos désirs sont des ordres,
Mes désirs sont des désordres !
Second recueil de cet auteur chroniqué sur ce blog après « Les bonbons à l'amante ». Vingt nouvelles viennent après un très intéressant préambule.
Ici il sera évidemment beaucoup question d'érotisme, mais aussi de tauromachie. On ne peut pas dire que cette pratique soit ma tasse de thé, et ce malgré le fait que j'habite dorénavant dans une région où tous les petits villages possèdent leur propre arène. Mais je reconnais bien volontiers que certains de ces textes en particulier Periquito de Jaèn sont très bons. Et que même un taureau vaillant combattant sera gracié.

Titres des vingt nouvelles :
Préambule. Joyeux anniversaire ! Periquito de Jaèn. Le luthiste, ou Le passeur de désir. Songe d'un après-midi d'été. Théâtre d'Hombre. L'enfer du Paradis. Bons baisers de Turquie. Le châle de tia Augusta. Les Feux de l'Amor. La guilde. A Porta Gaiola. Au diable Vendu. Claustration. Maurice et Andrea. Escale à Moscou Sheremetyevo. Mise en abyme au Love hôtel. L'éducation de Sacha. Si Vis Pacem… Para Bellum. La Douce Heure de l'Extase. Échec et mat.

Beaucoup d'humour et de jeux de mots dans ces titres. Il est évident que je ne vais pas pouvoir parler de l’intégralité de ces histoires.

« Periquito de Jaèn » nous raconte l’histoire de réfugiés espagnols fuyant le franquisme, un enfant rêve d’être toréador, mais le destin est parfois cruel !
« L'enfer du Paradis » 
revisite le mythe d’Adam et d’Éve. N’y aurait-il pas quelque chose de pas très catholique dans cette histoire ?
« La guilde »
Une hôtesse de l’air peste après sa copine, elle doit la remplacer sur un vol pour Tokyo, alors qu’elle avait un rendez-vous galant. Mais le séjour va être beaucoup plus agréable que prévu. Quelle cachottière, la collègue !
« Au diable Vendu »Il faut peut-être se méfier d’invitation de gens que l’on ne connaît pas  ! Et bien lire cette invitation !
« Maurice et Andrea »Andréa est triste, son amant anglais, le dernier en date, vient de la quitter. Perfide Albion et perfide Doug ! C’est dur parfois la vie !
«  Mise en abyme au Love hôtel »Un love hôtel est habituellement un lieu de plaisir, mais parfois des drames s’y déroulent.
«  Échec et mat »Il suffit parfois de pas grand-chose pour changer la vie de deux couples.

Les personnages de ce recueil sont, en général, des femmes et des hommes vivant librement leur sexualité même si elle peut nous paraître hors normes. Ils sont tous, je suppose, majeurs et vaccinés, donc pour moi aucun problème.
En cette période très écologique, il est à noter que l’empreinte carbone de tous ces personnages est plutôt élevée ! En effet nous voyageons beaucoup, de Turquie à Tokyo en passant par Moscou, l’Espagne suivant des réfugiés, puis en Normandie pour des moments de sexualité intensive !
Une veuve joyeuse, très joyeuse, trop joyeuse et deux complices, vive la fête ! Parfois la musique adoucit les mœurs, ici, elle déchaîne un profond désir sexuel ! Et dans une église ! Une femme raconte son existence avec un toréador très célèbre, mais un accident vient briser le destin de l’homme. Le soleil et le sexe, vive les vacances, en Turquie ou ailleurs...
C’est très bien écrit, osé, cru, très explicite mais jamais vulgaire.
À noter que Periquito de Jaènqui est un excellent texte, un de mes préférés, a été finaliste du prix Hemingway de la nouvelle de 2018.

Extraits :
- La première déception passée de n'avoir pas engendré le garçon espéré à plus de quarante ans, mon père se prit d'amour pour moi et entreprit de m'élever comme un mâle.
- Si l'humanité descend du couple originel, entraîné dans le péché par la malheureuse Ève, il faut quand même rendre à Satan ce qui lui appartient.
- Le destin est une pute : il racole en fixant le prix à payer.
- En fait, ma Dame avait réussi à recréer une bulle dans notre bulle.
- Aussi, après des jours d'ablutions aux bougies en l'absence du factotum, l'amant avait fini par s'agacer de l'éclairage romantique à la Barry Lindon.
- Dans l'instant du coup de foudre qui l'avait frappé il avait associé le jeune homme à Oscar Wilde.
- Je suis devenue ta prisonnière sans geôle, sans l'avoir voulu tout en le désirant plus que tout au monde.
- Il me faut d'abord être nue, désencombrée des parures inutiles.
- … Mais encore elle lui avait à son tour confié qu'elle avait trouvé un nouvel épanouissement en maniant le fouet et la cravache. Non pas en pratiquant l'équitation, mais la domination.

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