Blanche Neige l'intégrale : une version érotique, aphrodisiaque, inédite des aventures de l’« innocente », Blanche-Neige.

Publié le 05/05/2021

“De bois d’ébène et de sang sur une neige immaculée.

Sneewittchen en bas allemand, Schneewittchen en allemand présent, association de snee, la neige et de witt, blanc, Blanche-Neige est une princesse égarée dans les bois interdits par les bonnes mœurs, une croqueuse de pommes à ses heures pécheresses, une femme à l’aube de sa sexualité, qui peint la neige de son sang (virginal ?) annonçant ainsi la fin de l’innocence, du jardin d’Éden, ouvrant les portes d’une vie haute en couleur, aux chemins de traverse foisonnant de ronces et de rencontres singulières et paillardes à commencer par les fameux sept nains.

Paru au 19ème siècle, le trésor des frères Grimm, mystiques aux faciès Halloween, nous livre un conte « moral » nous éveillant à l’humilité, la compassion et non à l’éphémère symbolisé ici par l’éternelle jeunesse, tant louée par la méchante reine et les étoiles de pacotille.

Certains disent que la légende de Blanche est née dans la carnation opalescente et vermeille de Berthe au Grand Pied, la femme de Pépin le Bref et accessoirement la mère de Charlemagne (On flaire les mauvais pépins)… En effet, la Berthe se fera usurper son trône par la dame de compagnie (et de confiance) de sa mère (en embuscade comme toute marâtre qui se respecte)… qui lui proposera un fatal « Promenons-nous dans les bois »… L’Histoire raconte que sa bienveillance découragera les assassins…

La présente bande dessinée s’amuse avec la moralité en nous offrant une lecture érotique, drolatique et parfois ubuesque du conte plus que jamais initiatique conjugué au féminin – avec des femmes écrites en lettres capitales – mettant en lumière les idées et pas que les courbes de ses héroïnes, y compris celles de la méchante reine à la beauté volée, avec en ajout doré à cette histoire épineuse, la légendaire Raiponce, à la chevelure de Bérénice faisant honneur à Samson, et surtout pourvoyeuse de vie, de jeunesse, de vigueur (on osera le cheveu dans la soupe)… Raiponce qui, dans cette présente version, complètera à merveille les charmes du prince… Chut !

L’auteur, Trif, aux dialogues fine bouche (sur canapé), aux dessins fil à la patte, aux séduisants contours velours, cisèle une version érotique, aphrodisiaque, inédite des aventures de l’« innocente », Blanche-Neige. Il nous concocte avec brio un impayable duo avec Raiponce … Certes, Œdipe et son complexe viennent traîner leurs plombantes guêtres dans cette histoire, mais avec un à-propos, je le confesse, déshabillant… Je ne dévoilerai pas le mystère en ces lignes. Loin de moi, l’idée d’effeuiller cette BD.

Les éditions Tabou livrent et délivrent des récits érotiques qui font du bien en ces temps où les extrémistes nous demandent de rhabiller femmes et hommes et confinent nos sexes devant la stérilité d’écrans pas bandants pour un pé(cul)e.

L’hégémonie dragon de vertu, de Disney et confrères, consœurs, censeurs, n’a qu’à bien se tenir devant les détournements proposés par cette maison d’édition (non close) à la plus que nécessaire touche d’ironie dénudée.

Un monde fade sans envie, sans bois dur, inhibé derrière sa tenue dernier cri en plastique stérilisé, puritain, exempt de joyeuses putains et de turgescences mâles, bien ou mal placées – où les femmes et les hommes se jettent à la gueule ouverte frustrée derrière des masques aseptisés, des attaques avérées ou diffamatoires avec ou sans fondement, au lieu de franchir la ligne « marginaux » qui les sépare pour se rouler des pelles sans trêve – augure un univers stérile dans lequel les sexes finiront vraiment par se scinder, où les hommes aux encéphales plus vigoureux que leurs pénis pourront enfin réaliser leur fantasme de puceau : se barrer sur Mars sans barre dans le falzar, et les femmes aux aigreurs utérines, auront le loisir de migrer leur ennui sur Vénus, planète Amazone… Un futur pas très excitant, n’est-ce pas ?

Le sexe, parlons-en, éveil des sens et des métaphores, est bien plus nécessaire à notre bien-être qu’un trip sur ces « paradis sociaux » du Net… Personnellement, je préfère les belles esquisses de Trif, l’auteur de cette intégrale, que les bad trips proposés par les sites de rencontre aux faux profils. Je n’oublie pas la palette de son complice, Celestini qui en remet une couche avec ses couleurs « chaud devant ».

Dans cette adaptation, il n’y a pas de sexe faible, il n’y a que des membres au garde-à-vous. Il n’y a pas de mauvais goût, il y a de la grâce et de la beauté… Ce qui n’écarte pas les situations comiques notamment avec le Simplet du coin… Je n’en dirai pas plus.

L’invitation au plaisir des sens est lancée ! Ou me suis-je mal fait comprendre ?

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