Les Arcanes de la maison Fleury (1) : Un excellent premier tome signé Gabriele Di Caro !

Publié le 08/04/2021

Horreur dans l’East End ! Alors que les crimes abominables de Jack l’Éventreur hantent encore les mémoires, les recoins malfamés de la capitale londonienne deviennent le théâtre d’une seconde série de meurtres de prostituées. Le commissaire Barnes et l’inspecteur Reid mènent l’enquête tandis que, de leur côté, les coquettes du bordel de Madame Fleury accueillent une nouvelle pensionnaire, la ravissante et délicate Pearl. La jeune beauté n’a rien d’une gagneuse, c’est une demoiselle encore vierge, ainsi mise au secret par un gentleman de mœurs louches du nom de Jenkins, en affaire de multiples manières avec la maquerelle…

Les maisons closes du quartier miséreux de Whitechapel n’avaient sans doute rien des lupanars cossus, aux tentures rouges et aux parfums capiteux, auxquels nous ont habitués les récits de fiction, en littérature, au cinéma et, comme ici, en BD. Qu’importe : haut lieu romanesque, le bordel s’avère le lieu principal de l’action victorienne de cette série en trois tomes dont voici le premier épisode. Aguicheuses, joyeuses et chamailleuses, les mignonnes voient défiler des mâles aux faciès tous très typés croqués avec un art qui n’aurait sûrement pas déplu à Honoré Daumier. L’auteur s’y entend très bien pour mêler les fils de l’intrigue criminelle avec la chronique émoustillante du quotidien des putains. Avec tout ce que cela implique de satire sociale : ce ne sont pas les voyous de l’East End qui fréquentent la Maison Fleury, les séquences porno dépeignent en flagrant délit de luxure un intéressant contingent anonyme de bons sujets, notables et pères de familles — et le prêtre anglican, naturellement ! —, qui lorsqu’ils ne sont pas à la messe, le dimanche matin, viennent s’offrir les services haut-de-gamme de la bonne Maison. Concernant la vague d’assassinats, quelques masques finissent par tomber sans pour autant empêcher l’affaire de se compliquer. Un excellent premier tome signé Gabriele Di Caro, dessinateur et scénariste toscan dont on attend avec force impatience la suite du travail. La lecture achevée, il reste encore beaucoup de mystères à lever, et de belles à effeuiller…

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