Hellina scythe : De l'amour oui mais du sexe aussi…

Publié le 03/09/2019

Anges déchus

Après un premier volume entièrement dédié à sa carrière solo et un passage remarqué dans les pages du crossover féminin War Godess, Hellina revient chez Tabou BD (pas pour tout le monde donc) mais aux cotés de sa maitresse et amante Scythe. De l'amour oui, du sexe aussi, mais beaucoup de mort et de tripes surtout.

Apparue dans les années 90 du coté d'un titre oublié, Perg, édité par le tout aussi oubliable Lightning Comics, Hellina est tout de même restée dans les mémoires de certains lecteurs pour son mélange d'horreur, de violence gratuite et d'un zeste d'érotisme. Un pur produit de sa décennie, aux jambes trop longues, aux seins qui tiennent tout seuls, gonflés à l'hélium, mais que les petits malins de Boundless Comics (branche friponne d'Avatar) ont décidé de ressusciter en force en 2016 par le biais d'une désormais traditionnelle campagne Kickstarter. Un sacré succès qui mena donc directement à ce Hellina - Scythe, reprenant la même méthode offrant au participants quelques pages supplémentaires bien plus corsées et des tonnes de couvertures alternatives (signées Christian Zanier pour le meilleur) souvent érotique et parfois carrément porno-trash. Un appel du pied aux lecteurs de comics pervers qui bien entendu ne rêvaient que de découvrir ces quatre chapitres inédits expliquant la raison de l'arrivée d'Hellina, adjutatrice de l'enfer, sur terre dans une mission de nettoyage démoniaque. Dans Hellina - Scythe elle est, comme le titre l'indique, aux cotés de sa reine des enfers, Scythe donc, confrontée à une nouvelle tentative de coup d'état dans les limbes.

Armageddon et ptites dondons


Si quelques twists son concoctés par le scénariste Pat Shand (Prison Witch) le pitch sert essentiellement de prétexte à une succession orgiaque de batailles épiques et infernales. Entre deux séances de caresses saphiques très agréables, les deux amantes déversent toute leur rage face aux hordes de créatures envoyées par une sorcière délirante, enchainant les coups de fouets et les rotations de faux aiguisée pour trancher tout cela en mille morceaux. Plutôt sage question fesses, même si les anatomies des guerrières sont largement mises en valeur, les pages à nouveau signées Gabriel Andrade (Hellina donc, mais aussi Lady Death) reste une gageure dans le genre. Explosant de furie, assurant les déluges d'hémoglobine attendus et les volées de chairs tranchées, il ne tombe pourtant jamais dans le piège du foutraque ou du brouillon, soignant chaque case avec une minutie maniaque et une vraie finesse du trait. Il suffit justement de voir les expressions des deux dames pour se convaincre que la force de ces toiles apocalyptiques tient aussi dans le visage aguichant des personnages titres. Andrade est clairement l'argument numéro 1 de cet album en outre généreusement constitué, en plus du défilé de covers inédites, de quelques suppléments confiés à d'autres artistes et auteurs. De courts récits qui évoquent de nouvelles origines, bien méchantes, pour une Hellina que l'on imaginait presque pas aussi sadique, ou de petites querelles intestines dans la cour de la Reine Scythe. C'est là que l'on effeuille l'épisode le plus cul du volume. Un duel au sommet entre Maelstrom et Nekrotika (tout est dans le nom) qui tourne au festival porno de scènes lesbiennes ou de viols perpétrés par des démons échappés d'un manga interdit. Bien entendu c'est le sidérant et fourmillant Juan Jose Rip (Clone, Wolverine) qui se charge de la mise en image très détaillée de ce grand moment de poésie bucolique.

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