Inguinis (1) - L'esclave du Panthéon : Sexe et complots dans la Rome antique.

Publié le 12/03/2018

Le polar historique est un genre à part entière. On a pu suivre les aventures du Juge Ti où celles de Guillaume de Baskerville dans Le nom de la rose. Ils sont une porte d’entrée pour la grande histoire. Concernant la bande dessinée, bien sûr l’Histoire est vecteur d’aventures et d’inspiration mais l’on s’adressait jusque là plus souvent  à un public jeunesse avec des séries comme Alix ou Les tuniques bleues. Avec Inguinis (littéralement le bas-ventre ou les partie sexuelles), aucun doute n’est permis, on est bien dans un « polar érotique antique » d’une intensité certaine.

Cette courte série en deux volumes s’ouvre directement sur une scène d’orgie (ce ne sera pas la dernière), plus proche de la série télévisée Spartacus que d’Astérix.

Avec un dessin faisant la part belle aux corps et à la force qu’ils dégagent, dans la plus pure tradition de l’art antique, on est tout de suite plongé dans un univers érotique puissant. En effet, il emprunte surtout à la statuaire hellénistique comme le célèbre Laoconn dont on retrouve les positions nobles et puissantes transposées ici lors de scènes de sexe tenant parfois de la performance. Sextus en est le parfait exemple. Assassin, modèle et « star » des célèbres orgies organisées par Dominus Claudius, il est aussi l’amant de notre héroïne, Artémis. Elle est une jeune sculptrice qui vient d’hériter de l’atelier de son père, mort dans des circonstances mystérieuses qui cachent une machination politique d’envergure impliquant Agrippa, homme politique de premier plan au cours du premier siècle.

Entre drames intimes et haute trahison, le récit s’articule autour de l’enquête d’Artémis concernant la mort de son père et retrouver son assassin. Un récit dans lequel s’intègrent les scènes de sexe, vision sans doute fantasmée d’un Empire sans tabou où la sexualité est partie prenante de la vie des puissants. Mais pour autant, cela permet à l’histoire de se dérouler parfaitement avec un sens de l’action et de la narration maîtrisé par Katia Even qui nous avait déjà séduit avec La déesse.

L’alchimie entre ce dessin sculptural et l’enquête fonctionne et on ne survole pas Inguinis juste pour des scènes de sexe acrobatiques. On y suit une véritable histoire, des personnages attachants et un montage très bien mené.

L’exercice n’était pas évident mais au final en ressortent deux albums de qualité dans lesquels on ne s’ennuie jamais.

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