Critique Moralopolis_Action-Suspense

Publié le 18/02/2014

Un coup de coeur pour Claude Le Nocher ! Citation :

Et pourtant, tout ce que décrit Catherine Marx dans ce roman d'anticipation n'est que la vérité extrapolée, déjà partiellement en action. Certes, nous n'en sommes pas à vivre sous la dictature d'un pouvoir féministe radical. La répression n'en est pas encore au point qu'elle évoque, si virulente même contre ceux qui ne causent aucun tort aux femmes. Néanmoins, on s'en rapproche à grand pas. Depuis quelques années, la Justice “excuse” largement les femmes infanticides, un traitement psychologique se substituant à l'essentiel de la peine de prison. Par contre, gare au grand-père accordant un bisou chaste à ses petits-enfants, le voilà rapidement classé pédophile.

La situation pourrait donc empirer, nous suggère l'auteure. À travers l'eugénisme, qui guette les handicapés : “Ah, les belles allocutions publiques pour vanter la grandeur d'âme et la tolérance des politiciens vis-à-vis des personnes handicapées, par exemple. Ça vaut son pesant de cacahuètes comme modèle de duplicité. Oui, on a aménagé la ville pour mieux les intégrer à la société […] Ils peuvent nous dire merci ! Seulement ce qu'on tait, c'est qu'on exècre le handicap, qu'on ne veut pas de handicapés, qu'on agit en amont pour ne plus en mettre au monde...” Quant aux contrôles sur la dangerosité supposée des mômes, en est-on si loin ? Quant aux pères divorcés présentés comme d'infâmes tyrans et des obsédés sexuels, n'est-ce pas déjà un argument ? Cultiver une violente opposition avec les hommes, “victimiser” sans nuance les femmes, certaines s'y emploient, hélas.

Anticipation, oui, mais c'est aussi un regard sur notre société actuelle : “Sous l'effet conjugué de la sur(dés-)information, du stress et du pharmaco-dopage, l'être humain a métamorphosé ses schémas de pensée. Atteint par la fièvre acheteuse, envahi par de faux besoins qu'il jugera vitaux et urgents à satisfaire, sa capacité à s'émouvoir pour autrui s'est lentement mais considérablement atrophiée. Il a perdu le sens de la compassion, il n'est plus que peur, condamné à mener un combat autocentré pour ne pas être broyé par une société de consommation qui exige de lui une servilité absolue, en échange d'un statut social précaire, mais néanmoins indispensable pour subsister en qualité d'acteur économique […] Paradoxalement, plus on grimpe dans l'échelle sociale, plus c'est surfait, l'accumulation de biens matériels et le sentiment de réussite occultant le côté dérisoire et vain de cette conquête matérialiste.”


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